Principes d’une stratégie durable pour l’eau
Une stratégie durable pour l’eau au Canada doit être fondée sur les trois principes suivants :
- Une éthique de la conservation
- Une vision axée sur les citoyens
- Une réflexion centrée sur le bassin hydrographique
Une éthique de la conservation
À l’opposé de l’approche « rigide » traditionnelle, qui vise à contrôler ou à manipuler les réseaux naturels, une éthique de la conservation suppose que notre utilisation et notre gestion de l’eau respectent et protègent l’environnement. Cela signifie que :
- dorénavant, la gestion de l’eau devra être plus « souple » que par le passé;
- la gestion de l’eau portera moins sur l’augmentation des réserves d’eau et davantage sur la réduction de la demande;
- les vastes projets d’infrastructure, comme les grandes canalisations d’eau et les mégas barrages, qui bouleversent les réseaux hydrographiques, seront remplacés par des solutions non structurales, comme la planification, la sensibilisation et les instruments économiques.
Une éthique de la conservation exige des Canadiennes et des Canadiens qu’ils respectent et valorisent leurs ressources en eau douce et reconnaissent le rôle fondamental de l’eau dans le maintien d’un niveau de vie relativement élevé. La population doit admettre que nos réserves d’eau propre et potable ne sont pas inépuisables.
Une vision axée sur les citoyens
Les forces de l’internationalisme submergent de plus en plus les droits des citoyens ordinaires et du grand public. En réponse, une stratégie pancanadienne pour l’eau doit reconnaître que :
- toutes les Canadiennes et tous les Canadiens ont droit à de l’eau potable pour combler leurs besoins personnels et domestiques de base;
- que tous les gouvernements ont le devoir de protéger et de préserver les ressources en eau afin que l’ensemble de la population puisse en profiter, et non pas seulement quelques privilégiés;
- qu’à défaut de remplir cette obligation, les citoyennes et les citoyens du Canada ont le droit d’insister pour que l’intérêt public soit pleinement considéré grâce à des mécanismes efficaces, comme ceux qui existent dans d’autres pays en vertu de la doctrine de « public trust ».
Une réflexion centrée sur le basin hydrographique
Parce que les limites des bassins hydrographiques correspondent rarement aux frontières politiques, nous devons mieux tenir compte des bassins hydrographiques lors de la prise de décisions. La gestion axée sur les bassins hydrographiques exige :
- une bonne connaissance des conséquences réciproques des systèmes hydrographiques naturels et des activités humaines;
- de savoir que les activités telles que les prélèvements d’eau, l’urbanisation et les opérations commerciales et agricoles ont toutes des répercussions sur la quantité et la qualité des eaux superficielles et souterraines;
- de garder à l’esprit que la complexité de ces interactions commande que nos futures méthodes de gestion soient mieux intégrées, plus préventives et plus adaptatives qu’elles ne l’ont été jusqu’à maintenant.



